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Pourquoi il est bon d’encourager nos enfants à explorer le monde ?

Céline ALVAREZ nous explique en images comment se développe le cerveau du tout petit enfant. On y apprend que nos habitudes sont déterminantes à la construction du cerveau chez l’enfant.

Prenez 5 minutes.

Vous trouverez aussi le texte de la vidéo ci-dessous.

La plasticité cérébrale

1- Connecter des neurones

Pour construire son intelligence, l’être humain qui vient de naître, commence par fixer dans les fibres de son cerveau les informations qu’il perçoit du monde extérieur. Chaque image, chaque interaction aussi quotidienne soit-elle, laisse comme une trace de mémoire de l’expérience vécue en connectant des neurones.

Ces connections de neurones s’appellent des synapses. Elles commencent à se former dans le ventre de la mère puis augmentent de façon extrêmement rapide dès la naissance. 700 à 1 000 nouvelles connections par seconde se créent pendant les 5 premières années de la vie. Tout ce que nous faisons avec lui ou devant lui, tout ce qu’il perçoit du monde crée une connexion dans son cerveau. Il atteint donc une très grande quantité de synapses.

Pour preuve, une petite comparaison. Le réseau internet mondial possède 100 000 milliards de connections entre ses pages web. On appelle cela des hyperliens. Le cerveau adulte possède le triple de connections entre ses neurones. Et le cerveau de l’enfant possède 10 fois plus de connections que le réseau internet mondial : 1 million de milliards de connections synaptiques !

Ce qui signifie qu’il lui suffit de vivre et d’être en relation avec le monde pour créer un foisonnement de connections neuronales. Il est bien évident qu’un manque d’étayage et d’exploration affame le cerveau et abîme la construction de l’intelligence. Car de la même façon que des fondations fragiles compromettent la stabilité d’une maison, de faibles fondations créées par le bébé altèrent l’architecture cérébrale de l’adulte qu’il sera.

Lors de cette période, il est donc essentiel de nourrir le cerveau en interagissant positivement avec l’enfant et en le laissant explorer le monde.

2- Conserver les connections neuronales

Ensuite, après cette période de création de milliards de connections neuronales, le cerveau commence à faire le ménage. Car grandir c’est perdre près de deux tiers de ses possibilités et devenir expert du tiers le plus utilisé. Donc, pas d’inquiétude, l’être humain en grandissant ne devient pas moins intelligent, il devient spécialiste, spécialiste de la langue, de la culture, des comportements qu’il a régulièrement perçus et reproduits.

En effet, après avoir réalisé de nombreuses connections, les connections les plus souvent utilisées vont se renforcer. A l’inverse, les connections les moins utilisées vont progressivement s’affaiblir et être éliminées. On appelle cela l’élagage synaptique.

Retenons bien cela. Le cerveau ne conserve pas forcément les connections des meilleures expériences. Il conserve les connections des expériences les plus fréquentes. Notre responsabilité est donc très grande. Car ce sont nos choix et nos habitudes qui vont renforcer certaines connections et en éliminer d’autres. Cette plasticité cérébrale peut donc être à la fois une grande opportunité ou une grande vulnérabilité.

Jack Seancof de l’université d’Harvard le confirme : « Les avancées en neurosciences, biologie moléculaire et étude du génome ont un message très simple. Ce message est que l’expérience précoce est inscrite littéralement dans nos corps. Pour le meilleur ou pour le pire. »

Surveillons donc nos habitudes car elles structurent directement le cerveau de l’enfant. Le cerveau se nourrit de nous et du monde. Alors offrons le-lui et offrons-lui le meilleur !

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