Apprendre à apprendre, mémoriser, comprendre, structurer… Audrey AKOUN et Isabelle PAILLEAU nous proposent une approche dynamique et ludique pour que les enfants développent leur goût d’apprendre dans la joie et la bonne humeur. Suivons-les  dans cette approche originale du tête-coeur-corps !

1) Préparer sa tête à travailler

  • Repérer le profil d’apprentissage de ses enfants : chacun d’entre nous traite l’information qu’il reçoit au travers de ses 5 sens, et ceci de façon très personnelle. Certains enfants ont des préférences visuelles, d’autre auditives, d’autres encore kinesthésiques. Il est donc important de vérifier ce qui se passe dans la tête de votre enfant quand vous l’accompagnez dans ses apprentissages. Dire : « mais si, c’est facile, tu vois ? » « C’est simple, répète plusieurs fois » « Recopie le texte plusieurs fois, tu vas l’imprimer dans ta tête », tout cela peut ne pas fonctionner. Ce qui fonctionne pour vous ne fonctionne pas forcément pour vote enfant !
  • Développer l’attention et la concentration : Elles sont deux grandes consommatrices d’énergie. Prenons-le en compte et organisons des pauses dans les activités. Voici un exercice de recentrage pour les enfants « qui partent dans tous les sens »:

  • Faire de la place dans sa tête en donnant un objectif : Pour aider les enfants à entrer dans les apprentissages, il faut pouvoir laisser ses préoccupations, ses copains de jeu de côté pour faire de la place aux nouvelles informations. On peut aider les enfants à s’apaiser en leur donnant l’objectif du travail qui va être fait. Pensons à formuler de manière précise ce qu’on attend. Le fameux « range ta chambre » ne donne souvent pas le résultat attendu par les parents alors que l’enfant répond « ben si, j’ai rangé ! ». Une formule du genre « les livres vont dans la bibliothèque, les vêtements sales au panier à linge sale » est souvent plus efficace 🙂
  • Installer des routines car elles rassurent  : se laver les dents après manger, faire pipi avant d’aller se coucher, l’histoire du soir, le goûter puis les devoirs, tout cela facilite aussi la coopération. Quand une routine est installée, plus besoin d’expliquer, de négocier, de s’énerver. C’est une activité qui fait partie intégrante du quotidien.

2) Préparer son cœur à travailler

  • Les émotions positives sont un moteur dans les apprentissages : le plaisir de découvrir, la joie de faire, la fierté de réussir, la confiance dans ses capacités, … autant d’émotions indispensables à la prise de risques.
  • Deux émotions sont bloquantes : la peur (de l’inconnu, de se tromper, de décevoir papa et maman, de se faire gronder, d’être ridicule) et la colère engendrée par la frustration. De fait, c’est une perte d’énergie de vouloir raisonner un enfant prisonnier de ses émotions négatives. Mieux vaut laisser retomber l’émotion un petit moment avant de reprendre le dialogue.

Pourquoi tu te mets dans cet état ? Pourquoi tu ne veux pas travailler ? Pourquoi tu te décourages ? Pourquoi … ? Le pourquoi est une question difficile… Si votre enfant avait la réponse à ce moment-là, il la partagerait sûrement avec plaisir.

  • Des solutions pour favoriser la confiance en soi :

Etre indulgent avec soi-même. On fait de son mieux et c’est déjà bien. Les devoirs passeront toujours après les câlins, le sommeil et les repas en famille !

Utiliser la méthode des petits pas, c’est-à-dire fixer un objectif atteignable par l’enfant dans un temps limité. Mieux vaut viser des petits objectifs facilement réalisables, qu’un grand objectif hors de portée pour l’enfant !

Autonomiser : Dès 18 mois/2 ans, nous pouvons laisser notre enfant choisir quel fruit il veut pour son dessert, quelle histoire il préfère, puis comment il souhaite s’habiller, … Laisser un enfant prendre ses décisions lui montre la confiance qu’on lui accorde et que son avis a de l’importance. Il ne peut pas y avoir d’autonomie dans le travail s’il n’y a pas d’autonomie dans la vie quotidienne.

Parler positif : Aujourd’hui, grâce aux nombreuses études en neurosciences, nous savons que la forme conditionne le fond. Privilégions les messages positifs. Au lieu de dire « ne crie pas » mieux vaut dire « parle plus doucement s’il te plait », préférons « marche » à « ne cours pas », « J’aime quand tu es gentil avec ta sœur » plutôt que « ne frappe pas ta sœur »

Valoriser les comportements positifs : à nous d’encourager, de gratifier les comportements positifs de notre enfant. A nous de lui montrer et de lui dire tous les bénéfices qu’il peut obtenir en optant pour un comportement adapté. La solution est simple et fonctionne à merveille !

3) Préparer son corps à travailler

Notre corps est le baromètre de notre état intellectuel et émotionnel. Si ma tête ne va pas bien, je me sens mal : c’est souvent mon corps qui me rappellera à l’ordre par des manifestations de toutes sortes. Alors pensons à :

  • Respirer à plein régime : pour fonctionner correctement, notre cerveau a besoin d’air. Pensons à aérer les pièces dans lesquels nous sommes toutes les 1/2 heures.
  • Boire de l’eau : Vous rappelez-vous que l’eau est un des meilleurs conducteurs d’électricité ? Alors aidons la transmission des informations dans notre cerveau en buvant suffisamment. Si vous constatez que votre enfant  a tout à coup plus de mal à se concentrer et à réfléchir, pensez à lui faire boire un peu d’eau.
  • Dormir pour laisser son cerveau faire son travail : c’est pendant le sommeil que le cerveau active les connexions neuronales et favorise la mémorisation. Un enfant fatigué aura beaucoup de difficultés à mobiliser son attention et sa concentration, à mémoriser, à soutenir un effort dans la durée. Il aura plus de mal à apprivoiser ses émotions.

Conclusion

En pédagogie positive, on donne des ressources à l’enfant. On lui apprend à prendre soin de son corps et de son cerveau si fragile et précieux. On l’aide à apprivoiser ses émotions. L’enjeu est que tout cela devienne un mode de fonctionnement. A appliquer sans réserve chez soi et dans sa classe 🙂