Quand on cherche à développer l’empathie autour de nous, on est souvent démuni devant les réactions spontanées des enfants – et des adultes parfois 🙁 « c’est bien fait pour toi ! » « je t’ai gagné, tralalère ! » « oh le pauvre, il est trop nul ! » « c’est pas de sa faute ! »  » pousse-toi ! »

Pour sortir de ces réponses toutes faites, moqueuses et blessantes, je vous propose 4 pistes pour encourager nos enfants à faire preuve d’empathie. En parler sur le moment ou dans un moment plus calme, ce tour d’horizon peut détendre bien des situations 🙂

Expliquer les comportements aux enfants les ouvre à l’empathie et peut les aider à sortir des rôles qui les enferment.

1) Comprendre les gens méchants

Dans les dessins animés ou les livres pour enfants, les gentils et les méchants sont facilement reconnaissables : les gentils sont généralement beaux et souriants, alors que les méchants sont laids et crient beaucoup. Ce type d’histoires apprend aux enfants que le monde est noir ou blanc, qu’on est soit gentil, soit méchant, que ceux qui crient sont méchants par nature (alors qu’on peut crier ponctuellement sous le coup de la fatigue, de la peur, de l’agacement…), que la beauté est associée à la gentillesse, que la laideur est à fuir.

Dans la vraie vie :

  • On peut avoir l’air méchant parce qu’on se sent faible : Quand on a peur, on cherche à se protéger par tous les moyens, on cherche une

    Crédit image : Naitre et Grandir

    sorte d’armure de protection. Certains, adultes comme enfants, vont alors choisir d’être méchants comme carapace.

  • On peut être méchant parce qu’on est considéré comme un moins que rien. Quand personne ne porte attention à quelqu’un, quand personne ne lui sourit ou ne lui adresse de mots agréables, quand personne ne se soucie de ses sentiments, de ses émotions, alors ce « quelqu’un » peut se sentir tellement abandonné qu’il en devient méchant. C’est encore pire quand il entend des phrases comme « Je ne t’aime plus ». La bonne nouvelle est qu’il suffit de lui adresser des mots gentils et des sourires pour qu’il se découvre gentil. On n’est pas condamné à être méchant à vie :-).
  • On peut être méchant parce qu’on a mal, parce qu’on souffre. Les personnes qui souffrent ont tellement mal qu’elles ont envie de se débarrasser de leur douleur en la donnant aux autres. C’est l’histoire de la sorcière Karaba dans Kirikou : elle souffre d’une épine plantée dans son dos et est tellement obnubilée par sa propre douleur qu’elle n’arrive pas à être gentille. Mais le problème est que plus on est méchant avec les autres, moins ils nous aiment, plus on ajoute à la souffrance initiale. Encore une fois, la bonne nouvelle est que la méchanceté pourra disparaître avec la douleur, comme c’est le cas à la fin du film Kirikou et la sorcière.
  • On peut être méchant parce qu’on nous a dit qu’on l’était. Les étiquettes posées par les adultes aux enfants du type « Tu es méchant(e) », « Tu es nul(le) », « Tu es mauvais(e) » peuvent devenir des réalités. Les enfants deviennent ce que l’on pense d’eux. A force d’entendre des jugements sur son être, sur sa personnalité, l’enfant l’intériorise et devient en quelque sorte prisonnier de ce rôle qu’on lui attribué d’office. L’enfant ne sait plus être gentil mais il suffit que quelqu’un s’occupe de lui, se soucie de lui, lui dise des mots gentils pour le transformer.

2) Comprendre les gens timides

Les gens timides sont eux-aussi enfermés dans une armure de défense.

Ils n’osent pas sourire, ils n’osent pas parler, ils ont trop peur de dire une bêtise ou de se faire remarquer.

Ils préféreraient parfois être ailleurs plutôt que de supporter le regard des autres.

Ils n’arrivent pas à regarder les autres ni à leur adresser un petit signe, ils restent dans leur coin et semblent attendre que les autres viennent les chercher.

Pourtant, ces timides auraient seulement besoin qu’une personne fasse le premier pas vers eux, leur sourie, sois gentil avec eux et ils arriveraient à se dérider, parfois même à se montrer drôle, inventif.

 3) Comprendre les gens prétentieux

Les gens qui se vantent sont souvent des gens qui n’ont pas confiance en eux. Ils ont besoin d’enjoliver leur quotidien, de donner l’impression qu’ils savent tout et mieux que les autres parce qu’ils croient que personne ne les aimerait pour ce qu’ils sont vraiment.

Pourtant, se vanter n’est pas la meilleure solution pour se faire des amis. Dire la vérité et être sincère vaudra toujours mieux que faire croire qu’on est plus beau, plus riche, plus intelligent que ce qu’on est vraiment.

4) Comprendre les gens tristes

Les gens tristes peuvent avoir connu de petits ou de grands malheurs dans leur vie. La tristesse est une émotion normale et naturelle. Avec le temps, elle s’en va. On peut être triste :

  • quand on a raté quelque chose,
  • quand on donne beaucoup (de temps, de cadeaux, d’attention) mais qu’on ne reçoit jamais rien en échange,
  • quand on s’est fâché avec papa, maman ou quelqu’un qui compte pour nous,
  • quand on a cassé quelque chose qu’on aimait bien,
  • quand quelqu’un qu’on aimait beaucoup est parti pour toujours…

Une petite attention, un petit cadeau, une parole gentille, un câlin, une invitation, c’est important car cela prouve qu’on pense et qu’on tient à la personne triste, qu’on partage son chagrin et qu’on est là pour la soutenir.

Conclusion : Et si l’empathie était si simple ?

Nous avons chacun autour de nous quelqu’un qui est en besoin d’empathie pour se sentir mieux. Mettre des mots sur des attitudes, des émotions, c’est déjà beaucoup pour mieux les gérer. A nous de montrer l’exemple pour développer le cercle vertueux du bien-être 🙂