De l’autre côté de l’Atlantique, Thomas GORDON propose depuis longtemps aux parents des ateliers pour apprendre aux parents à éduquer leurs enfants sans avoir recours ni aux punitions, ni aux récompenses. Quel challenge !

Après une 1ère partie consacrée à la discipline que je vais vous résumer en 2 phrases :

  • une autorité fondée sur le pouvoir et un rapport de forces vise à dominer l’enfant.
  • elle est inefficace à long terme.

La seconde partie présente des options pour développer l’autodiscipline chez les enfants. Celle-ci est fondée sur le choix de méthodes pour amener les enfants à modifier leur comportement sans les contrôler.

Cette approche modifie profondément la conception de la discipline et de l’autorité. Au lieu de faire obéir, exiger, permettre, établir des limites, priver, discipliner, restreindre, punir, interdire, défendre et imposer, le parent ou l’enseignant s’applique à :

  • faciliter
  • conseiller
  • écouter
  • comprendre
  • négocier
  • aider 
  • résoudre le problème                          … tout un programme !

Les  7 clés qui modifient les comportements qui posent problème à l’adulte

La plupart des adultes croient que les enfants se comportent « bien » ou se conduisent « mal ». Cette étiquette « bien » ou mal » s’applique rarement aux adultes. Personne ne dit « Mon mari s’est « mal » conduit » ou « l’un de nos invités s’est « mal » conduit ».

Thomas GORDON amène les parents et les enseignants à accepter que les enfants ne se conduisent pas vraiment mal, au sens où ils n’essaient pas de faire quelque chose contre l’adulte.

Concrètement  : lorsqu’un enfant fait du bruit pendant qu’on est au téléphone, qu’il joue alors qu’on est pressé, qu’il traverse le salon avec des chaussures crottées, qu’il frappe son petit frère avec un jouet, qu’il rentre au milieu de la nuit trois heures plus tard que convenu, on a, nous parents, un problème avec ces comportements qui ne sont pas un problème pour l’enfant.

Comment s’en dépêtrer de façon durable ? Thomas GORDON nous propose 7 clés pour nous aider à modifier nos comportement et résoudre le problème.

1- Découvrir le besoin de l’enfant

Tout parent avec un bébé s’est déjà réveillé plusieurs fois par nuit pour venir aux cris du bébé. Si ces pleurs sont un vrai casse-tête au départ, il devient de plus en plus facile avec le langage de comprendre le message de l’enfant. Cela dit, il nous faut aussi développer nos compétences de communication non-verbale avec les petits (j’y reviendrais, promis !).

Les réponses que l’on peut obtenir vont nous aider à adopter un comportement adéquat dès lors que nous aurons compris quel était le besoin de l’enfant.

Il nous faut aussi faire évoluer nos représentations : les besoins d’un petit de 1 an sont différents de ceux d’un enfant de 6 ans et d’un ado et 15 ans ! A chaque âge, ses besoins !

2- Faire un échange

Parfois, échanger un objet suffit à transformer un comportement inacceptable en un comportement acceptable.

Par exemple, lorsque l’enfant dessine sur une fiche de travail, lui proposer une autre feuille, est sans doute une solution acceptable pour tout le monde. L’enfant ne voit pas la différence, et nous, nous récupérons notre fiche !

3- Modifier l’environnement

Il est souvent plus facile de modifier l’environnement de l’enfant plutôt que de changer l’enfant ! Évidemment, on pense à la panoplie de mise en sécurité dans une maison avec les verres incassables, les objets dangereux hors de portée, …

A cela s’ajoute un environnement adapté en fonction du moment de la journée : pas de stimulation par l’écran par exemple au moment du coucher.

On peut aussi se simplifier la vie en mettant les objets, à portée des enfants : jeux, verres, porte-manteaux, vêtements…

4- Le message « je »

Le message « je » ne véhicule ni reproche ni jugement. Il exprime ce que l’adulte ressent face à un comportement inacceptable.

« Lorsqu’il y a autant de bruit dans la classe, je n’entends pas ce que chacun dit. »

« Lorsque j’attends aussi longtemps que tu te prépares  pour l’école, j’arrive en retard au travail. »

A l’inverse, le langage « tu » véhicule toute une charge de reproches, de jugements, de critiques, de contraintes.

« Tu dois bien savoir que tu ne dois pas faire cela. »

« Tu me rends folle.  »

« Tu manges comme un cochon. »

« Tu devrais avoir honte.  »

Le message « je » incite l’enfant à modifier son comportement, par égard pour les autres. Les enfants qui ne sont ni rabaissés, ni blâmés pour leur conduite sont davantage prêts à aider les autres et à modifier le comportement qui pose problème à quelqu’un.

5- Écouter l’enfant pour désamorcer sa réaction émotive

C’est la position a adopter après un message « je », car les enfants peuvent être surpris d’apprendre ce que l’on ressent ou que leur comportement est inacceptable.

Alors, pour les aider à trouver eux mêmes ce qu’il faut qu’ils changent dans leur comportement, rien ne vaut l’écoute empathique.

6- Résoudre un conflit par une solution gagnant-gagnant

Il arrive que ni le message « je », ni le changement de position n’amène l’enfant à modifier son comportement. Comme cela n’est pas une raison pour être permissif, voici une recherche de solution en 4 étapes :

  1. Définir le problème  : Quels sont mes besoins ? Quels sont les besoins de l’enfant ?
  2. Énumérer les solutions sans jugement (c’est très important. On note tout !)
  3. Évaluer ces solutions.
  4. Choisir ensemble une solution acceptable pour tous les deux.

7- En colère, identifier le « sentiment premier »

Attention, quand on est en colère, le message »je » peut se transformer en message « tu » chargé de reproches : »Je suis en colère contre toi« .

Il nous faut apprendre à identifier le sentiment premier : c’est celui-là qu’il faut exprimer parce que c’est celui qui est sincère et qu’il ne rabaisse pas l’enfant.

Exemples choisis :

Un enfant mange avec les doigts au restaurant et ses parents se sentent embarrassés (sentiment premier). Leur sentiment secondaire est la colère : « Cesse de manger comme un bébé. On n’aurait jamais dû t’emmener ici ! ». On devrait plutôt dire : « Je suis gêné quand tu manges avec les doigts au restaurant. »

Un élève n’arrive pas à comprendre les fractions. Son enseignant est frustré (sentiment premier), puis il crie de colère : » Tu ne fais même pas d’effort. C’est tellement facile ! » Il vaudrait mieux dire : »Ah, les fractions ont l’air d’être difficiles pour toi. »

Conclusion

C’est en modifiant nos comportement, nous adultes, que notre relation aux enfants changera. Car les enfants sont en construction : ils ne sont pas en mesure de toujours s’adapter à nos conventions. Avec cette méthode pratique – facile à comprendre, mais difficile à maîtriser !- les enfants et les parents gagnent en sérénité, en confiance, en estime d’eux-mêmes et en autonomie. Chacun aura le sentiment d’avoir sa vie bien en main. J’en suis convaincue.

Faites-moi savoir si vous êtes intéressé par des ateliers de communication bienveillante !