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#6 : Que faire quand bébé pleure ?

Les pleurs des bébés sont stressants, on a envie que ça s’arrête. C’est quelque chose d’insupportable : on est ou agacé par cet enfant qui crie, ou désemparé parce qu’on ne comprend pas ce qui lui arrive et qu’on « souffre » avec lui.

Quand mes enfants étaient petits, le pleur n’était pas un comportement normal pour un bébé. Chez nous, on ne laisse pas pleurer un bébé. Le pleur c’est l’appel ultime, celui que le bébé nous envoie parce qu’on n’a pas sû comprendre tous les autres signes préalables…

Alors, que faire quand bébé pleure ? William et Martha Sears nous expliquent en 6 points pourquoi il faut répondre aux pleurs des bébés.

1- Les pleurs du bébé : un signal parfait.

  • C’est un signal automatique. Un nouveau-né crie par réflexe dès qu’il ressent un besoin.
  • Ses pleurs sont adéquatement dérangeants : suffisamment stridents pour obtenir l’attention de celui ou celle qui s’en occupe.
  • Les pleurs peuvent se modifier. Les pleurs d’un bébé sont un des langages du bébé, et chaque bébé pleure différemment. Les chercheurs qui s’intéressent à la voix appellent ces sons uniques les empreintes de pleurs, aussi uniques pour un bébé que ses empreintes digitales.

2. Ce n’est pas de votre faute si bébé pleure.

Déculpabilisez ! C’est un fait dans la vie de nouveaux parents : bien que les bébés pleurent pour exprimer un besoin, leur manière de pleurer dépend aussi de leur propre tempérament. Ne prenez pas les pleurs de votre bébé pour une attaque contre vous.

Votre boulot est de créer un environnement positif qui fera décroître le besoin de pleurer du bébé, d’offrir des bras aimants et relaxés pour que le bébé ne pleure pas tout seul, et de pousser comme vous le pouvez le travail de détective qui consiste à chercher pourquoi votre bébé pleure et de quelle manière vous pouvez l’aider.

3. Pleurer n’est pas « bon pour les poumons du bébé ».

Il faut en finir définitivement avec ce dicton !

À la fin des années 70, la recherche a montré que les bébés qu’on laissait pleurer avaient des rythmes cardiaques qui atteignaient des niveaux inquiétants et que cela abaissait le taux d’oxygène dans leur sang. Quand les pleurs de ces bébés étaient calmés, leur système cardiovasculaire retournait rapidement à la normale, montrant à quel point les bébés reconnaissaient rapidement l’état de bien-être au niveau physiologique.

Si les pleurs du bébé ne sont pas calmés, il est dans une détresse aussi bien physiologique que psychologique.

4. Répondre aux pleurs d’un bébé est biologiquement correct.

La mère est biologiquement programmée pour donner une réponse maternante aux pleurs du nouveau-né, et pas pour se restreindre.

Lorsqu’elle entend son bébé pleurer, la circulation sanguine augmente dans les seins de la mère, s’accompagnant d’une impulsion biologique à « prendre dans ses bras et nourrir ». L’allaitement au sein lui-même provoque une décharge de prolactine, une hormone que nous supposons être la base biologique de ce que l’on appelle « l’intuition maternelle ». L’ocytocine, l’hormone qui déclenche le réflexe d’éjection du lait, engendre aussi des sensations de relaxation et de plaisir, une manière plaisante de compenser la tension provoquée par les pleurs du bébé. Ces sensations vous aident à aimer votre bébé.

Mamans, écoutez les indices biologiques de votre corps quand votre bébé pleure plutôt que les donneurs de leçons qui vous disent de faire la sourde oreille. C’est facile pour eux de vous donner de tels conseils, ils ne sont pas biologiquement connectés à votre bébé. Rien ne se passe au niveau de leurs hormones lorsque votre bébé crie.

5. Ignorer ou répondre au signal des pleurs ?

Ignorer les pleurs de votre bébé est en général une situation perdant-perdant. Le bébé complaisant abandonne et cesse de signaler, se renferme. Finalement, il se dit que pleurer ne vaut pas le coup, et conclut que c’est lui qui ne vaut pas le coup.

Un bébé avec une personnalité plus persistante – la plupart des bébés aux besoins intenses – n’abandonne pas si facilement. À la place, il crie de plus en plus fort, et c’est l’escalade dans l’intensité de son signal, le rendant de plus en plus dérangeant. Là encore, ignorer ce signal persistant ferme la communication parent-enfant, sur le long terme, tout le monde perd.

6. Soyez maternante.

L’autre option est de répondre promptement et de manière maternante de telle sorte que le bébé sera moins désespéré la prochaine fois qu’il a besoin de quelque chose. Le bébé apprend à « crier mieux », d’une manière moins dérangeante, puisqu’il sait que sa mère va venir.

La mère (et/ou le père) augmente aussi sa sensibilité aux pleurs, et ainsi lui donne la réponse adéquate. Répondre de manière appropriée aux pleurs de votre bébé est le premier et le plus difficile défi de communication auquel vous allez faire face en tant que parent. Vous ne maîtriserez ce système qu’après la répétition des milliers d’appels-réponses des premiers mois. Chez nous, papa a aussi les oreilles et les sens très affutés !

J’ajouterais : plus vous serez connecté à votre bébé, plus vous arriverez à anticiper ses besoins et à le comprendre sans qu’il ait besoin de pleurer. Quand bébé sait que l’on est attentif et que l’on va répondre à ses besoins, toute une communication non verbale va se développer. Il n’ y a plus besoin de pleurer pour se faire entendre !

Conclusion

J’espère que vous n’entendrez plus un bébé pleurer de la même manière et que vous mettrez tout en œuvre pour que cela ne se reproduise plus !

 

 

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  1. Lucile B.

    Que ça fait du bien de lire qu’il faut materner nos bébés et ne pas les élever « à la dure » pour qu’il apprennent la vie ! Merci pour ce partage !

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