add share buttons

Les 4 piliers d’un apprentissage réussi

Apprendre de façon efficace – En tant que parent ou enseignant, on voudrait tous que nos enfants tirent un maximum profit des apprentissages qu’on leur propose. Que ce soit à la maison ou à l’école la liste est longue de ce qu’un enfant a à découvrir et maîtriser… un jour peut-être ! Zoom sur les 4 piliers d’un apprentissage réussi.

1- L’attention

L’attention est un pilier fondamental pour un apprentissage réussi. Elle permet de rester en alerte, de sélectionner l’information, d’éviter la distraction. Parce que le cerveau est constamment bombardé de stimulations, il est nécessaire de sélectionner l’information pertinente. Si l’attention est mal orientée, l’apprentissage est bloqué. Le talent des parents et des enseignants consiste à canaliser l’attention de l’enfant ! Un bébé de 18 mois comprend que, si on le regarde dans les yeux, c’est qu’on cherche à lui dire quelque chose d’important. Il apprend alors efficacement et parvient à généraliser à une autre situation similaire. L’intention fait la différence : si on ne le regarde pas, le bébé ne parvient pas à exécuter ce qu’on lui demande.

Être attentif est essentiel car le simple fait de focaliser son attention sur un objet d’apprentissage rend aveugle à d’autres stimulations. Quand mon fils est concentré sur une lecture, il est sourd à ma voix ! Soyons donc vigilants à choisir avec soin, ce sur quoi nous voulons que l’enfant porte son attention car ce qui est évident pour nous ne l’est pas forcément pour lui.

Enfin, la capacité à se concentrer et à se contrôler se développe avec l’âge et l’éducation. Ainsi l’entraînement de la mémoire dès le plus jeune âge semble avoir des effets positifs sur la concentration.

Les lecteurs de cet article ont également lu : La respiration en triangle, une technique pour s’apaiser et mieux se concentrer.

2- L’engagement actif

Un enfant passif n’apprend pas. Les enfants ne sont pas des réservoirs que l’on remplit ! Apprendre efficacement, c’est s’engager, explorer avec curiosité, générer activement des hypothèses et les mettre à l’épreuve. Quand il est petit, l’enfant explore le monde avec ses yeux, ses mains, sa bouche. Chacun d’entre nous se souvient combien nos enfants touchaient à tout, mettaient tout à la bouche, se déplaçaient partout dès que cela était possible ! Cette exploration est nécessaire pour attiser la curiosité et comprendre le fonctionnement des choses dans un environnement proche. Plus tard, à l’école, cette posture active et engagée de l’enfant devant des apprentissages de plus en plus abstraits, est la garantie d’un apprentissage pérenne. Quand on apprend, la motivation est essentielle : on n’apprend bien que si on a une idée claire du but à atteindre, et qu’on adhère pleinement à cet objectif.

S’engager demande un effort. C’est cet effort que l’enfant fait pour comprendre, essayer, anticiper, se tromper peut-être, qui va ancrer cet apprentissage dans le cerveau. La mémoire retient davantage ce qui nous touche, ce pour quoi on s’est impliqué.

Comment déclencher et entretenir l’engagement actif des enfants ?

La CURIOSITÉ, l’envie d’apprendre, la soif de savoir : piquer la curiosité des enfants c’est avoir la partie à moitié gagnée ! Maintenir en éveil la curiosité des enfants est l’un des facteurs clés d’une éducation réussie. La curiosité c’est cette force qui nous incite à explorer, à comprendre pour l’information nouvelle en elle-même. L’appétit de savoir active notre circuit de la dopamine, celui de notre satisfaction personnelle. Plus on est curieux, plus les signaux se déclenchent par anticipation : avant même de connaître la réponse, le simple fait de savoir active le circuit de la dopamine. C’est cette curiosité qui prédit un apprentissage ! L’enfant retiendra mieux les faits pour lesquels il aura été le plus curieux.

3- L’erreur

Quand on se trompe, on est surpris. Dans le cerveau, cette information se propage et met à jour les connaissances. Ce qui compte pour apprendre, ce n’est pas de se tromper à tous les coups (si on sait qu’on va se tromper, il n’y a plus de surprise !). L’important c’est la SURPRISE, c’est-à-dire le décalage entre ce que j’avais prédit et la réalité. Chaque évènement imprévu permet d’ajuster sa vision du monde. L’apprentissage par correction d’erreurs est ce qui gouverne les apprentissages de l’enfant dès son plus jeune âge. Préciser à l’enfant ce qu’il aurait fallu faire pour ne pas se tromper permet d’accélérer les apprentissages. Ce retour sur l’erreur est nécessaire à un apprentissage efficace.

4- L’entraînement

La recette est simple : pour consolider un apprentissage, il faut s’y entraîner ! Les sportifs, les musiciens, les danseurs, nos petits explorateurs qui chaque jour refont inlassablement les mêmes gestes le savent bien ! Et pour s’entraîner efficacement, il vaut mieux espacer les apprentissages. Au lieu de grouper tout l’apprentissage en une seule fois, on alterne les périodes d’étude et de test, et on révise régulièrement à des intervalles de temps de plus en plus espacés. L’espacement est une stratégie bien plus efficace que l’apprentissage en une seule fois. L’expérience montre que l’on multiplie par 3 sa mémoire lorsqu’on révise à intervalles réguliers plutôt que de tenter d’apprendre en une seule fois. Ainsi se tester régulièrement est une excellente stratégie d’apprentissage car elle nous force à prendre conscience de nos erreurs.

Enfin, on ne dira jamais assez des effets bénéfiques d’un bon sommeil. Toutes les nuits, notre cerveau consolide ce qu’il a appris dans la journée. C’est sans doute l’une des plus importantes découvertes des neurosciences de ces 30 dernières années : le sommeil n’est pas une simple période d’inactivité. Bien au contraire : au cours du sommeil, le cerveau se répète les évènements importants qu’il a enregistrés pendant la journée et le transfère dans un compartiment de notre mémoire. Dormir semble empêcher d’oublier. La quantité d’apprentissage varie en fonction de la quantité de sommeil et surtout de sa profondeur.

Les lecteurs de cet article ont également lu : Apprendre autrement avec la pédagogie positive

Source : Stanislas Dehaene, Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines, éd. Odile Jacob

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

4 commentaires sur “Les 4 piliers d’un apprentissage réussi”

%d blogueurs aiment cette page :