L’intelligence émotionnelle est dans l’air du temps. A juste titre ! Il est enfin reconnu qu’aucune réussite, aucune vie heureuse, aucune société harmonieuse n’est possible sans compétences dans le domaine du « savoir être ».

Quelles sont ces compétences ? Comment les développer ? Comment les enseigner ?

Michel Claeys Bouuaert nous livre ici des réponses pratiques pour mieux formuler des demandes, gérer des conflits, développer l’écoute active, relâcher le jugement, développer la pensée positive, autant de pistes pour introduire l’éducation émotionnelle à l’école, dans les activités périscolaires ou au sein de la famille.

1) Apprendre à formuler ses demandes

Un enfant qui veut quelque chose va souvent le demander en pleurant, en tapant du pied, en se pendant aux bras de sa mère, hurlant, gesticulant, se rendant détestable… Qu’est-ce qu’il obtient ? Une claque. Exactement le contraire de ce qu’il veut. S’il connaissait la bonne stratégie, il formulerait des demandes claires : j’ai faim, j’ai besoin d’un gros câlin…

Formuler des demandes claires et recevables est le meilleur moyen d’obtenir ce qu’on demande.

  • une demande doit être ouverte, négociable et sans pression
  • une demande doit être explicite
  • une demande doit être réaliste
  • une demande doit être positive

Exemples :

« Arrête cette musique, je travaille ! » – Serait-il possible d’éteindre cette musique, elle me dérange ?

« Si tu ne me prête pas ce jouet, je ne te parle plus » – J’aurais vraiment besoin que tu me prêtes ce jouet…

« Pourquoi, tu ne nettoies jamais la salle de bain après l’avoir utilisée. C’est vraiment pénible de passer après toi ! » –  Pouvons-nous s’il te plaît reparler de la salle de bain ? Il faut vraiment qu’on trouve une solution ? Que proposes-tu ?

2) Lâcher prise :

  • accepter les choses telles qu’elles sont
  • dire OUI
  • percevoir ce qui est là
  • entendre ce qui est dit
  • être vraiment présent
  • accepter de relâcher son propre point de vue
  • être ouvert
  • relâcher les résistances
  • renoncer à combattre
  • relâcher les tensions
  • relâcher la pression
  • abandonner les peurs
  • renoncer à se justifier, à se défendre
  • relâcher les préjugés, les attentes
  • faire une pause, s’arrêter un instant
  • revenir au silence,
  • respirer…

3) Favoriser l’estime de soi et la confiance

Quand les parents sont dans le jugement avec leurs enfants et qu’ils ne sont pas suffisamment aimants et encourageants, les enfants se trouvent dépouillés de l’estime d’eux-mêmes. Leur vie est remplie de « il faut » « tu dois » « on ne fait pas ceci » « on ne peut pas cela »… bien sûr les enfants ont besoin de rythmes, d’ordres et d’exemples. Mais ils ont aussi besoin d’être reconnus dans leurs choix, leur autonomie, leurs rêves…

Formuler des messages « je », des demandes recevables, écouter correctement, éviter les jugements sont autant de pistes pour que les enfants ne se sentent ni sous-estimés, ni adulés.

Afin de développer sa confiance, son estime de lui-même, un enfant a besoin d’être apprécié pour ce qu’il est, encouragé, guidé et aimé avec justesse. A nous de les amener à prendre une décision en commun, et à en respecter les termes. Et ceci dès le plus jeune âge. A nous d’écouter leurs vrais besoins. A nous d’exprimer la confiance et la tendresse qui nous animent.

4) Exprimer son besoin sans jugement

Recevoir un jugement sur soi est toujours désagréable : on se sent nié, puni…Michel Claeys Bouuaert par des petits jeux, qu’on peut apprendre aux adultes et aux enfants, nous montre comment nous exprimer sans être dans le jugement. Quelle différence dans le ressenti ! et quelles portes ouvertes pour la suite ! Dans le jugement on ferme les portes, dans une communication plus positive, on laisse les portes ouvertes pour changer…

« Arrête de pleurer ! » – Qu’est-ce qui ne va pas ? ou Je comprends que tu sois triste.

« Tu n’es qu’un paresseux ! » – Tu n’as donc pas envie de travailler aujourd’hui ?

 » Tu ne m’écoutes jamais ! » – Pourrais-je te demander de m’écouter ?

« Je sens que tu ne m’aimes pas » – Je me sens frustré dans mon besoin d’attention et d’amour.

« Tu ne changeras jamais » – Je réalise que j’essaye de te changer.

« Je me sens stupide » – Je n’arrive pas à avoir de l’estime pour moi-même ici.

« J’en ai marre de toi » – Je sens que je deviens moins tolérant, moins patient, plus irritable…

Lorsque l’on s’exprime sans jugement, notre demande a toutes les chances d’être recevable, et tout le monde s’en trouve mieux.

Conclusion

Un livre qui m’a vraiment ouverte à la pratique de la communication bienveillante de façon concrète. Il est très adapté pour la classe avec des mises en situations et des petits jeux très parlants aux enfants. Il est aussi très parlant pour la famille, d’autant plus qu’on a une fratrie ou une famille recomposée.

Ces 4 stratégies relèvent d’une réalité simple. Vous verrez, avec un peu de pratique, cela viendra naturellement 🙂