Parce qu’on a tous envie que nos enfants soient heureux, on est vite déstabilisé quand ils ont mal au ventre avant d’aller à l’école… Catherine Gueguen dresse les principes d’une école bienveillante qui permet aux enfants de développer leurs compétences émotionnelles et sociales.

1) Les émotions, au cœur des apprentissages

  • La qualité de la relation enseignant-élève est déterminante dans les apprentissages. Cela paraît aller de soi ! Les neurosciences affectives et sociales confirment qu’une relation chaleureuse et empathique génère un cercle vertueux : l’enfant se sent compris, il est motivé, sa réussite scolaire augmente et l’enseignant se sent compétent.
  • Il n’y a pas de séparation entre notre corps, nos émotions et notre cerveau. Pendant très longtemps, à l’école, l’intellect a régné en maître. Aujourd’hui, les neurosciences montrent que ce que nous pensons agit sur notre corps et nos affects. Ce que nous ressentons influence notre intellect et notre corps. Ce que notre corps vit retentit sur notre intellect et sur ce que nous ressentons.
  • Parce que les émotions font partie de la vie, qu’elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, l’enseignant peut aider l’enfant à mieux contrôler ses émotions. Si l’on souhaite que les émotions ne soient pas perturbantes, on peut les « travailler » : reconnaître ses propres émotions, celles des autres, chercher à les comprendre.

2) La relation à l’élève se travaille et s’apprend

  • L’enseignant peut représenter la figure d’attachement indispensable pour se construire. Chacun de nous se rappelle cet enseignant qui a changé notre vie parce qu’il nous si bien compris !
  • Les adultes sont de puissants modèles pour les enfants. Ils ne peuvent demander aux enfants d’être empathiques ou de réguler leurs émotions si eux-mêmes n’en sont pas capables.
  • La Communication Non-Violente fait partie des outils de l’intelligence émotionnelle. Lorsque l’enseignant la pratique, c’est tout le climat de la classe et les apprentissages qui en profitent. Attention cette façon formidable de communiquer ne va pas de soi, et souvent avec la fatigue et/ou le stress nos mauvais automatismes reviennent 🙁
  • Quand les enfants reçoivent une formation en CNV, ils s’épanouissent, savent exprimer leurs émotions, leurs souhaits, se comprennent mieux et comprennent les autres. Ils savent dire non à la violence. Ils n’éprouvent plus le besoin d’être « le plus fort », de dominer, de dévaloriser l’autre. Ils prennent plaisir à coopérer.

3) Transmettre les compétences socio-émotionnelles aux élèves

  • Grâce à l’empathie  l’enfant régule progressivement ses émotions. Réguler ses émotions est LA compétence émotionnelle la plus importante à l’école. Elle participe étroitement à l’apprentissage des relations avec les camarades de la classe et à la possibilité d’entrer dans des étapes d’apprentissage importantes. Les enfants qui régulent leurs émotions sont capables de coopérer avec les autres dans le travail scolaire, contrairement aux enfants qui sont agressifs, qui ont peur, qui sont anxieux, et qui de ce fait se mettent en retrait de la tâche scolaire.
  • Lorsque l’enseignant entretient une relation proche, encourageante et soutenante avec son élève, il favorise chez lui un bon comportement et une meilleure réussite scolaire.

4) Materner à l’école !

  • Catherine Gueguen émet l’hypothèse que la relation qu’entretient l’enseignant avec son élève a un impact sur le cerveau de l’enfant, étant donné que celui-ci passe souvent plus de temps avec l’enseignant qu’avec ses parents.
  • Chaque fois qu’un adulte comprend l’enfant, le rassure, le console en adoptant une attitude douce, chaleureuse, en prodiguant des gestes tendres, en parlant d’une voix calme et avec un regard compréhensif, il aide le cerveau à se développer. Ce comportement a un impact positif considérable sur la maturation du cerveau. L’enfant parviendra plus rapidement à gérer les émotions envahissantes.

Conclusion

Le métier d’enseignant est l’une des professions les plus exigeantes parce qu’elle demande beaucoup de compétences relationnelles. Il n’est pas toujours aisé d’adopter la « positive attitude » émotionnelle. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut s’y exercer : l’empathie s’apprend, l’écoute peut se renforcer, l’attention à soi et aux autres se travaille… Il appartient aux enseignants de changer l’école 🙂