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#12 : Et si rien ne se jouait avant 6 ans ?

Alors que les neurosciences font avancer la connaissance dans le domaine du cerveau et des apprentissages, Pascale TOSCANI émet l’hypothèse que rien ne se joue avant 6 ans. Voyage au cœur du cerveau humain…

1) Les enfants sont tous intelligents : les intelligences multiples

Les êtres humains ont des intelligences qui se complètent. Nous sommes tous intelligents différemment. Retenons le nom d’Howard GARDNER, professeur de psychologie à l’université d’Harvard et de Boston, qui défend l’idée d’intelligences multiples comme faisceaux d’aptitudes ou de compétences.

Il détermine 8 intelligences :

  1. l’intelligence verbale/linguistique : j’aime réciter les poésies, je suis habile avec les mots, j’aime écrire, lire
  2. l’intelligence mathématique/logique : j’aime calculer, résoudre
  3. l’intelligence musicale/rythmique : je me rappelle facilement le rythme et la musique, j’aime jouer d’un instrument, chanter, je saisis facilement les accents d’une langue étrangère
  4. l’intelligence corporelle/kinesthésique : j’aime manipuler les objets, je suis habile de mes mains, j’ai besoin de bouger, je gesticule beaucoup en parlant, j’apprends mieux en bougeant et en faisant
  5. l’intelligence visuelle/spatiale : j’aime décorer, dessiner, je lis facilement les cartes, les tableaux, les graphiques, j’aime ranger l’espace, je me souviens avec des images, j’ai besoin d’un dessin pour comprendre
  6. l’intelligence interpersonnelle : j’aime jouer aux jeux de société, j’aime offrir de l’aide à mes amis, je me fais facilement des copains
  7. l’intelligence intrapersonnelle : j’aime écrire mes pensées, je travaille bien quand je suis seul, j’aime avoir des opinions personnelles, je sais utiliser mes ressources, je connais mes faiblesses aussi
  8. l’intelligence naturaliste : j’aime le plein air, être dehors, j’aime collectionner, faire des listes, je m’intéresse à la nature sous toutes ses formes

Tout le monde dispose de ces 8 intelligences, mais selon son environnement familial et son parcours personnel, chacun développe plus ou moins certaines de ces intelligences.

2) La plasticité cérébrale

Pascale TOSCANI défend l’idée que chaque cerveau est unique. Que 90% des connexions synaptiques se développent après la naissance. Que l’intelligence n’est pas fixe, que le cerveau ne fait qu’une chose : il apprend !

Dès lors, on peut aussi bien apprendre à lire à 3 ans, qu’à 6 ans, ou 10 ans. Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas encore faire quelque chose qu’on ne pourra jamais le faire. Le cerveau n’est pas figé une fois pour toutes, il régénère ses fonctions : le développement du cerveau est aussi fonction de son environnement.

3) De l’importance des émotions

Nous sommes de culture cartésienne selon laquelle la raison est la maîtresse absolue de nos pensées. C’est pour cela qu’on apprend à raisonner.

Et pourtant, les études scientifiques des 30 dernières années montrent que raison et émotions sont intimement liées dans notre façon de penser et de prendre des décisions. Être conscient de ses propres émotions et de celles des autres, être capable de les réguler aide à être plus intelligent, c’est-à-dire adopter des comportements efficaces pour gérer sa vie.

La « tête » et le « cœur » sont complémentaires. Cette intelligence émotionnelle est nécessaire au développement personnel et social. Il nous faut favoriser le travail coopératif qui stimule davantage les élèves que celui où ils sont « sagement » assis en train d’écouter l’enseignant.

4) Apprendre c’est changer sa représentation du monde

Le tout-petit pense que sa réalité est universelle. Il a la certitude pour lui ! La grande aventure de l’école c’est précisément de découvrir que ce qu’il apprend vient en même temps l’enrichir tout en bouleversant sa représentation du monde.

L’enfant a besoin de découvrir et d’apprendre pour se développer. Car chaque fois qu’un enfant apprend, il se transforme lui-même en même temps qu’il transforme son regard sur le monde. Certains enfants résistent aux apprentissages parce qu’ils ne sont pas prêts aux changements d’eux-mêmes. C’est ainsi qu’ils s’enfermeront progressivement dans un comportement d’échec.

Pourquoi certains enfants résistent aux apprentissages ?

  • Apprendre c’est quitter l’individuel pour le collectif, c’est quitter sa propre vision des choses pour aller vers les autres.
  • Accepter de se décentrer de soi-même n’est pas qu’une question de volonté. C’est une question de confiance en soi et de confiance en l’autre. Parce qu’apprendre comporte toujours un risque. On ne peut apprendre qu’en déconstruisant ce qu’on sait déjà.

Tout enfant a besoin que le regard de l’adulte sur lui soit porteur d’espoir sur sa capacité à se développer. Croire que l’enfant peut apprendre est nécessaire aux apprentissages.

Conclusion

Livre déroutant qui amène à penser que tout est possible tout au long de la vie. Que chacun d’entre nous aurait cette faculté à apprendre grâce à la plasticité cérébrale.

Cette hypothèse va à l’opposé de celle défendue par le Dr Catherine GUEGUEN ou Céline ALVAREZ, qui au nom des mêmes neurosciences, dit que les 1ères années de la vie sont déterminantes…

Pour ma part, je pense qu’il y a des paliers d’apprentissages, des tranches d’âge où si l’apprentissage est bien mené c’est plus facile, ça va de soi. Évidemment, on peut toujours apprendre à faire du vélo à 40 ans, mais ce sera plus difficile que lorsqu’on en a 3 parce qu’on aura plus d’appréhension, on se sentira moins à l’aise avec son corps…

A vos claviers pour débattre de la question dans les commentaires ci-dessous.

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