Quand notre enfant devient ado, on est très vite déstabilise par ses attitudes (provoc’ ou inhibition), ses réponses (critiques, agressions excessives), Isabelle Filliozat avec précision et humour nous aide à comprendre « le grand chantier » qui se passe à l’intérieur de cet enfant qui devient adulte. Parce qu’il est possible de traverser cette fameuse période de l’adolescence sans (trop) de fracas, voici les 6 ressources qu’il nous faut cultiver 🙂

Comprendre que notre ado est « en chantier »

L’adolescence est souvent vécue comme un « dur » moment à passer par les parents. C’est, d’un point de vue physiologique, une étape cruciale dans l’élaboration des circuits neuronaux de l’ado : son cerveau fait le tri des informations stockées (c’est l’élagage) et construit en même temps des circuits courts pour toutes les infos qui lui servent souvent (c’est la myélinisation).
C’est un fait, l’ado met plus de temps pour freiner ses impulsions. Cela lui demande un effort supérieur. Il réagit au quart de tour. C’est que la région préfrontale de son cerveau, celle qui qui permet le libre arbitre, le contrôle des impulsions, l’anticipation, la planification, l’empathie, la mesure des conséquences de ses actes, le choix d’agir ou de se retenir… est en plein chantier. Ces transformations seront achevées vers 25 ans !

Les interactions de l’ado avec son environnement façonnent littéralement le réseautage de son cerveau.

Comprendre et accepter ces transformations nous aide à mieux comprendre notre ado et à protéger l’espace des travaux en cours.

1) Entretenir le lien : remplir son réservoir d’amour

Il grandit, devient de plus en plus indépendant mais a encore besoin de nous. Alors quand les interactions se réduisent au contrôle parental, les conflits éclatent souvent. Face au trop d’autorité du parent, l’ado en pleine construction de son autonomie ne peut que se rebeller, esquiver ou se figer. L’adolescence est une période de grande vulnérabilité du cerveau : les hormones, les neurones se modifient. Sous ses airs de « je sais tout », il reste hypersensible. C’est une réalité à accepter. Nous n’avons plus sur nos enfants le même pouvoir que lorsqu’ils étaient petits. A nous de reconnaître notre impuissance à diriger sa vie : soignons notre relation !

2) Faire confiance

Vouloir tout contrôler est contre-productif. On n’obtient que haussement d’épaules, rébellion. La tentation est grande de vouloir éviter toute embûche à nos enfants, mais ces derniers ont besoin de pouvoir expérimenter par eux-mêmes, de tomber, de se relever. Pas question pour autant de le laisser faire n’importe quoi. On peut partager nos inquiétudes et notre impuissance.

3)Décider d’une règle ensemble

L’ado est prêt à respecter les règles s’il la pense utile. Le petit enfant respecte la règle parce qu’il a envie de faire plaisir à ses parents. Lorsque la relation est mauvaise, l’ado n’est pas motivé à respecter une quelconque règle : il se met en mode transgression et résistance.

Un interdit est une limite, il est formulé en NE PAS. Une règle est une procédure : quand… alors…

Décider d’une règle ensemble, en vérifiant qu’elle soit applicable et que l’ado dispose des ressources nécessaires pour la respecter et la faire respecter en présence de ses copains.

4) Donner l’exemple

L’imitation reste la voie royale de l’apprentissage. Montrer l’exemple est plus efficace que tous les mots ! En énonçant que qu’on fait à haute voix, on aide aussi l’ado à intégrer le message.
« Mon téléphone sonne. Je ne réponds pas parce que nous passons un moment ensemble à table. »
« Je pose mon téléphone dans le panier dans l’entrée dès que je rentre à la maison. Ça m’aide à profiter des moments avec vous. »

5) Écouter : se mettre en mode empathie

Notre ado a souvent besoin qu’on l’écoute, pas qu’on lui donne des conseils !! Dur, dur ! Il nous faut apprendre à ouvrir nos oreilles plutôt que notre bouche ! Accueillir sans réagir de suite, tout un apprentissage, mais si rapidement efficace !

Écouter c’est surtout entendre les émotions. Quand on nous parle d’un souci, nous avons tendance à nous concentrer sur les faits… mais dans un 1er temps l’ado a juste besoin de parler, de s’exprimer, de pleurer peut-être.

6) Reconnaître nos erreurs

La qualité de la relation est primordiale. A quoi peut nous servir d’avoir raison quand cela nous entraîne dans un jeu de pouvoirs ?
Reconnaître nos erreurs nous grandira toujours aux yeux de l’ado. Le plus souvent, tout ce dont un ado a besoin comme réparation, c’est d’être entendu. Dès qu’il a le sentiment que nous mesurons ce qu’il a traversé… sa colère s’évanouit et il plonge dans nos bras !

Conclusion

Les comportements de nos ados sont autant d’appels pour les guider et les soutenir dans la vie. En cas de besoin (et les ados nous fournissent souvent des situations !), la question magique sera « Que se passe t-il ? » après avoir fait une grande respiration. Gardons à l’esprit, quelque part dans notre cœur, que la seule urgence est que notre ado se sente aimé, qu’il ait le sentiment d’avoir de la valeur en tant que personne.